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Billet de faveur pour le Dico dont vous êtes le héros.

Un article de Apolline Elter pour Le Pavillon de la littérature.

LE PAVILLON DE LA LITTERATURE.  


Exit l’ordre alphabétique d’un dictionnaire classique, Bruno Coppens a classé les mots de son nouveau dico par concepts et même « aspirations », mêlant en une joyeuse exubérance, intense effervescence, noms propres et communs, désuets et intergénérationnels, feelgood et « qui se la pètent », inclusifs, franco-anglais, belges cathofriendly, branchés à droite, à gauche, aux 3e, 4e âges et aux ados, à la lunette de WC… Il y en a pour tous les goûts, toutes les situations, lesquelles sont facétieusement illustrées des déguisements que l’humoriste endosse, empruntés à Luc Petit et aux « Nocturnales »

Définis de façon thématique, les chapitres se succèdent, entrecoupés de versions Coppens-compensées –  j’admets, mes jeux de mots ne lui font pas ombrage – de fables de La Fontaine

Vous comprendrez que cela décoiffe et qu’une période de vacances sera prescrite après la découverte de ces trésors d’inventivité: le génie spiritoludique de notre compatriote tourne à plein régime.

Picorons quelques définitions en guise d’apéritif (et des arrosés de rosés estivaux)

Vous apprendrez ainsi que :

Le pyromane est une « espèce en voie d’extinction »

La callipédie, l’art de constituer une belle famille (vrai de vrai), des enfants beaux et en bonne santé, voire intelligents.

Le vinyl est perçu comme un « must » par un jeune, comme « ce qui encombre le garage » par un vieux

L’instogratophile est un « collectionneur de tickets de Lotto » (attention de ne pas en abuser sous peine de poursuites judiciaires)

La bronzette,  un « instant de bonheur au sens littoral du terme »

Davos, un « grand hôtel où l’on entend tous les plus grands airs d’OPA »

La vierge Marie a conçu Jésus par une « PMA, procréation miraculeusement assistée »

Qu’au jeu des anagrammes, « dealer » est celui de « leader » , « police », de « picole », « sportif » de « profit », « parisien », d’ « aspirine »,  « camarade » de « mascarade » « Marine Le Pen », d’ « Amène le pire »

Et le philosophe qui sévit en l’humoriste,  de nous offrir en prime, quelques « terres rares », à savoir des « espaces non convoités par Donald Trump » et sa gouvernance en « Trump-l’oeil » , ressenti du balcon d’appartements parisiens, de militer pour le « croque non genré » , de réveiller le wokisme qui somnole en nous et de nous convertir aux expressions politiquement correctes,

Cerises sur le gâteau du bicentenaire de la Belgique, deux projets de discours prêts à l’emploi.

Vous l’aurez saisi, grâce à ce fabuleux DI-COPPENS vous bronzerez, cet été, huilés de toutes frites dans un même sachet.

Apolline Elter


Billet de faveur

AE : Après cette lecture qui met nos cellules grises en ardeur, je peux imaginer, Bruno Coppens,  que votre moteur cérébral ne s’arrête jamais : une fois qu’on est lancé sur les jeux de mots, il est difficile de s’en déconnecter :

Bruno Coppens : effectivement, c’est un réflexe, j’entends un mot de l’actualité et je dois m’en emparer par le son, par les syllabes , le déforme, le transformer, c’est plus fort que moi ! Par exemple l’Iran et les mollahs, je déteste ce mot-là et si tu le retournes, mollah devient shalom (à un L près) !

AE : Sous son aspect drôle et ludique, le « DICO » véhicule un esprit critique, une idéologie, voire une philosophie, il n’est pas neutre :

Bruno Coppens : j’aime quand au-delà de la pirouette verbale, il y a un message (sur le climat qui se dégrade, sur les relations parents-enfants, sur les gens de gauche ou de droite qui ne dialoguent pas, etc) ca me nourrit et je sais que « Marine Le Pen «  « amène le pire » ! les gens retiennent cette anagramme, le message passe et comme c’est ludique et que ça sonne, cela devient comme un slogan

AE : Vous serez « en » Avignon, cet été, du 4 au 25 juillet pour diriger votre « 9e Symfolie ! » lors du Festival Off (Théâtre Episcène).  Quel en est le leitmotiv ?

Bruno Coppens : c’est un spectacle  sur les mots d’aujourd’hui qu’on ne comprend pas toujours ‘ »homme non-déconstruit » « cisgenre » etc et je raconte comment se connecter aux mots qui préfigurent notre société de demain !


Lire l'article sur le site Le Pavillon de la littérature.

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