La prouesse de Bruno Dinant est de nous rendre le meurtrier sympathique, au moins au début, et d’avoir presque envie de le voir se sortir de cette situation dans laquelle il s’est mis tout seul. Parfois, je me raisonnais et me disais que je ne pouvais pas éprouver ce genre de chose pour ce gars qui a tué au hasard. Et puis, je lui trouvais plein de circonstances atténuantes, notamment le profil de la victime et cette envie de jouer au plus fin avec la police. Le principe n’est pas nouveau, c’est celui-ci qu’ont exploité les créateurs et scénaristes de Columbo, mais l’auteur a rajouté une relation de séduction-répulsion entre les deux protagonistes et du décalage, de l’humour noir fort bienvenus. Parfois dans les situations qui ne tournent comme le souhaite Patrick Delvaux, parfois dans les dialogues ou expressions, dans la tournure des phrases.
Et puis, le tout est bien mené et même si l’on connaît le coupable, ses motivations — c’est lui le narrateur à la première personne —, on n’est pas à l’abri de surprises et rebondissements, car on ne sait pas comment agit Andréa Dumont, l’inspectrice. Et elle est fine, acérée, joueuse et redoutable. À peine 400 pages de coups bas, de coups durs pour que le lecteur ne relâche jamais son attention, jusqu’au bout du bout.
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