Le wokisme est un mode de pensée qui est arrivé chez nous il y a peu et qui, lentement, grignote notre société. Nadia Geerts, à travers son essai, nous plonge dans une analyse de cette idéologie en train de prendre de l'ampleur en Europe, après avoir émergé aux États-Unis. Le wokisme, présenté comme une lutte pour la justice sociale, révèle ses dangers insidieux au fil des pages. L'auteure décrit comment, sous prétexte d'inclusivité et de respect de la diversité, il pousse à l'effacement et au déboulonnage de certains aspects culturels et historiques. Elle met en lumière les politiques inclusives qui, paradoxalement, peuvent être perçues comme excluantes en imposant des normes rigides et en étouffant la diversité d'opinions. Selon l’essayiste, l’un des aspects les plus préoccupant du wokisme repose sur son encouragement à la censure et à la dénonciation. Les voix discordantes, jugées contraires à l'idéologie prônée, doivent être réduites au silence. Cette oppression s'étend à tous les aspects de la vie quotidienne, de la langue à la création artistique, en passant par les choix alimentaires et les relations interpersonnelles. Cet ouvrage souligne le danger d'une pensée unique qui nie toute contradiction et nuances, présentant le wokisme comme une nouvelle forme de domination, convaincue de détenir la vérité absolue et de représenter le camp du bien. Le livre soulève ainsi la question cruciale de chercher à comprendre ce en quoi cette apparente lutte pour la justice sociale est en train de phagocyter la raison. À travers ces pages, le lecteur est confronté à la possibilité d'une épouvantable régression, remettant en cause des principes fondamentaux au nom d'’idées qui, malgré leurs intentions affichées, pourraient compromettre la diversité et la liberté individuelle. Le wokisme, sous un vernis de justice sociale, serait-il un danger réel pour notre façon de vivre ?
Sam Mas dans Bruxelles-Culture