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Mortel : une chronique de Grégoire Delacourt.

Un chronique de Grégoire Delacourt publiée sur son blog.

L'écrivain Grégoire Delacourt chronique le roman de Frank Andriat "Mortelle assemblée de copropriété".

Voici un formidable huis-clos. Une assemblée (houleuse) de copropriétaires et, dans les toilettes attenantes à la salle où elle se tient, le corps poignardé d’un homme à l’exécrable réputation, également copropriétaire. 

Lequel d’entre eux est le coupable ?

Au-delà de l’enquête qui, ici, s’intéresse davantage à la psychologie de chacun qu’à être un épisode des Experts, Frank Andriat nous tend un épatant miroir de nos humanités. 

Ainsi, cette assemblée devient la parfaite métaphore de ces lieux où un homme seul est capable de bouleverser l’équilibre d’un groupe (on pense à une entreprise, un État, une île, même — comme dans l’inoubliable Sa majesté des mouches) et où le groupe, presque malgré lui, ne peut rien faire d’autre que se défendre s’il veut survivre. 

L’efficacité de ce roman noir tient beaucoup à l’enquête que mène le narrateur, flanqué d’un jubilatoire Youssef, sur les raisons que chacun aurait eu de zigouiller le monstre, en nous interrogeant sur nos propres motivations possibles à nous défaire de quelqu’un. Et c’est là une nouvelle facette de la dextérité de Frank qui nous avait plutôt habitué à des personnages peuplés de bonté : nous présenter cette fois des gens aux cœurs plus sombres, aux regards plus durs, comme si, malgré son ahurissant optimisme, quelque chose en lui finissait par pousser, le bousculer, et qui se nomme, pour notre plus grand malheur, la réalité. 

Voir sur le blog de Grégoire Delacourt.

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