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Savoir n’est pas comprendre, et encore moins intégrer.

Un article de Yonnel Ghernaouti sur 450fm.

Dans cette très intéressante collection « Les carnets littéraires des amateurs de pavés mosaïques », l’auteur, avec cette deuxième publication, offre au lecteur une suite à son Voyage à travers les fenêtres - Réflexions sur un symbole maçonnique, publié en 2020.

Entrons dans notre tentative d’explication du titre qui, pour un non initié, pourrait se définir ainsi.

La pioche et le roseau sont en effet deux objets qui, au-delà de leur utilité pratique, peuvent symboliser des idées ou des philosophies de vie assez contrastées, particulièrement lorsqu’on les considère dans un contexte métaphorique ou philosophique.

La pioche, tout d’abord, au sens le plus littéral, est un outil utilisé pour creuser, briser et déplacer la terre ou d’autres matériaux. Métaphoriquement, elle peut représenter le travail acharné, l’effort et la capacité de modifier l’environnement à travers la force et la persévérance. Elle peut aussi symboliser la destruction nécessaire avant la création ou la rénovation, comme on détruirait un ancien édifice pour en construire un nouveau. Elle est sans doute l’un des plus anciens outils, connue avec une extrémité pointue principalement utilisée pour briser les surfaces dures comme le béton, la pierre ou la terre sèche et durcie, et une autre principalement utilisée pour soulever des fentes ouvertes dans le sol ou dans la pierre.

Quant au roseau, plante flexible qui pousse habituellement près de l’eau, il est dans la fable de Jean de La Fontaine Le Chêne et le Roseau, symbole de souplesse et de capacité d’adaptation, bien que se pliant sous la force d’un des éléments de la Nature, le vent. Il ne se rompt pas et donc illustre l’idée qu’il a la capacité de s’adapter et de fléchir face aux forces extérieures…

Bien évidemment que Olivier Delacuvellerie s’en inspire, mais il est aussi un initié voyant dans la pioche un symbole de travail, un outil pour façonner le monde matériel et, par extension, le soi intérieur. En maçonnerie, cela pourrait être relié au concept de travail sur la pierre brute, l’idée que chaque franc-maçon travaille à s’améliorer et à polir ses défauts personnels afin de devenir une pierre parfaite pouvant être utilisée dans la construction d’une société meilleure. La pioche est aussi le prolongement de la main…

Dans un contexte maçonnique, le roseau symbolise flexibilité et résilience. De même que le roseau plie, mais ne se brise pas sous le vent, le franc-maçon pourrait être encouragé à faire preuve de souplesse face aux épreuves et aux changements de la vie, tout en restant fidèle à ses principes, les belles valeurs républicaines.

C’est tout cela qu’exprime l’auteur dans « ce livre né d’un constat et d’une envie ». Le constat est celui de l’état des lieux de la si vaste et riche symbolique maçonnique (variété de symboles, de rituels et de significations ésotériques, philosophiques, etc.).

La « Critique de la symbolique maçonnique », sous-titre de l’ouvrage, est du maçonniquement correct, mais reste hautement nécessaire ! Il s’interroge tout naturellement aussi sur la transmission de ladite symbolique. Expliquant toujours ses propos. Analysant aussi les causes ayant amené cette étude des symboles aux seuls érudits, Olivier Delacuvellerie lance un appel à se mettre à nos pioches…

Mais comme « savoir n’est pas comprendre, et encore moins intégrer », Olivier Delacuvellerie relève combien il est difficile entre signifiant et signifié de faire la part des choses , quel que soit son niveau de connaissance, et de mettre en perspective, toute personnelle, sa vision de la symbolique…

L’objet d’une critique est d‘avoir précisément ce don de juger, à sa juste valeur, et donc de discerner mérites et défauts. Et de nous livrer à cet indispensable travail critique que le maçon se doit d’accomplir pour à la fois progresser, mais aussi rester éveillé et disponible pour ses frères.

Cette critique, et il est important de le reconnaître, est constructive. Elle invite à une plus grande ouverture et compréhension. Après tout, la franc-maçonnerie, comme toute institution, n’évolue-t-elle pas avec son temps ?

Nous devons à Dorian Decker, lui aussi membre de la Fédération belge du Droit Humain, la postface sous forme de sept petits contes plein de sagesse.


Yonnel Ghernaouti sur 450FM

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