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Un thriller familial décapant.

Un article de Didier Albin dans L'Avenir et la DH.

L'AVENIR

LA DERNIÈRE HEURE

Après un roman d’espionnage et sept polars parus dans la collection Noir Corbeau de Weyrich, Francis Groff change de registre. Il signe son premier drame psychologique aux Éditions F deville.  “L’homme sous le toit” aborde le délitement d’une famille ordinaire à travers un récit à trois voix : celles du narrateur qui installe le décor, de “l’homme” qui se dévoile dans un saisissant strip-tease émotionnel, et du chat, observateur impassible. Au fil des 190 pages, les nuages s’invitent dans le ciel bleu, tout s’assombrit jusqu’au déluge final, qui emporte le bonheur comme une tornade.

“J’avais envie de me lancer dans un nouveau genre”, confie l’auteur carolo, ex-journaliste qui a souvent contribué à documenter l’histoire sociale, industrielle et économique de sa ville avec des livres et des enquêtes. Il a pris le temps de soigner son projet, et son écriture : “L’homme sous le toit” lui a demandé près d’un an et demi de travail.

Ce huis clos baigne dans une ambiance mélancolique, l’auteur en tire habilement les ficelles en metteur en scène qu’il est. “J’ai fait lentement monter la pression”, dit-il. De fait, de chapitre en chapitre, la tension grimpe, elle transforme la maison (dont le lecteur ne sort quasiment pas) en cocote minute. “Pour reprendre un terme de Georges Simenon, je suis allé jusqu’à l’os de chacun de mes personnages pour en enlever la chair”. Et ça fonctionne. “J’ai reçu des retours très positifs. Des messages pleins d’émotion”, confie-t-il. On passe de la clarté à l’obscurité mais selon l’expression de Jean-Yves Buron, “si le monde est moche, la vie est belle.” En tout cas quand elle n’est pas gâchée.

Dans “L’homme sous le toit”, Groff enclenche le mécanisme implacable d’une bombe à retardement. Tic tic tic. Le livre nous questionne sur nous-mêmes, sur notre capacité à agir, à anticiper le pire pour tenter de le désamorcer. À vivre les yeux ouverts, hors du repli sur soi.

Didier Albin dans L'Avenir et la DH.

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