Lars Canbell n’attendait pas grand-chose de cette
journée. Un café brûlant, une cigarette, quelques heures de tranquillité dans
son bureau, peut-être même le vague espoir de n’adresser la parole à personne.
C’était compter sans l’université.
Maître de conférences en cinéma, spécialiste de
Tarkovski, Kubrick et autres génies peu enclins à la légèreté, Canbell traverse
l’existence comme on traverse un colloque :
avec ennui, irritation et un sens aigu de la formule assassine. Il méprise ses
étudiants, évite ses collègues, redoute la doyenne, exècre les mondanités
universitaires et considère la plupart des interactions humaines comme des
accidents administratifs.
Mais ce matin-là, sous une pluie obstinée, tout
se ligue contre lui : une
étudiante trop enthousiaste, une doyenne autoritaire, un ponte capricieux, un
colloque sur Nietzsche, un parapluie Minnie, un café renversé, une cigarette
impossible à allumer… et surtout un appel téléphonique qui fait ressurgir
Lucie, la femme qu’il croyait avoir définitivement rangée parmi les embarras du
passé.
Entre satire féroce du petit monde universitaire et
comédie mélancolique, ce roman raconte la longue journée d’un homme qui s’était
appliqué à ne plus rien ressentir —jusqu’au moment où la vie, avec son mauvais goût
habituel, décide de frapper à la porte de son bureau.