Il y avait le chat de Colette, celui de Romain Gary, celui de Jean Cocteau, il faudra compter désormais avec le chat de Francis Groff, notre ancien confrère journaliste de Charleroi (et auteur de plusieurs bons polars dans la collection Noir Corbeau chez Weyrich). Francis Groff a publié ce printemps un suspense psychologique haletant, « L’Homme sous le toit ».
Tapi derrière un rideau ou ronronnant avec un œil mi-clos sur un coussin, le chat est le spectateur-voyeur d’un drame qui sourde dans une maison a priori des plus paisibles, à la rue des Jonquilles (toujours se méfier de ces noms de rues « environnementales » et apaisantes, dont les maisons cachent en réalité de lourds secrets…).
Dans ce récit au suspense croissant jusqu’au bouquet final, terrible, ce n’est pas le narrateur omniscient qui sait tout et tire les ficelles, c’est le chat qui est au courant de tout et observe tout. Mais on ne vous en dira pas plus. On vous dira simplement que Gabriel Lepape, père de famille un peu débonnaire et velléitaire, avait tout pour être heureux avec son épouse et ses deux filles jumelles.
Ce petit bonheur familial va vaciller.
Un témoin capital a tout vu : le chat ! Mais celui-ci sera-t-il pour autant un témoin à charge ?
Pour cela, on ne saurait trop vous recommander de découvrir « L’Homme sous le toit », paru chez l’éditeur bruxellois Frédéric Deville, éditions F deville, ancien libraire qui a le flair pour sortir d’excellents ouvrages.